12 octobre 2007
Histoire d'une cicatrice
La mienne, celle que j'aie sur la joue.
J'avais treize ou quatorze ans. Ma copine de l'époque avait un chien, un saint-Bernard, ce bon gros toutou affectueux qui me connaissait et que j'avais coutume de caresser. Ce samedi là je suis passée la voir mais elle n'était pas là. Il y avait juste son frère. Le chien est venu vers moi et comme d’habitude j'ai caressé sa tête en glissant mes doigts dans son pelage comme il aimait qu’on lui fasse. Je ne sais pas ce qui s'est passé. Il m'a sauté à la figure en plantant ses crocs. J'ai juste senti une grosse douleur. Son frère occupé à je ne sais plus quoi faire est sorti de la pièce en entendant son chien grogner. Il m'a dit " mais tu saignes " ! Il m'a mis un pansement pour arrêter le sang et je suis rentrée chez moi. Heureusement, ma mère qui travaillait n’a pas eu cette vision en direct. Mon père a poussé un cri d'horreur en découvrant cette figure en sang. Il m'a poussé dans la salle de bains et a vidé le flacon d'alcool comme ça à vif. Je ne suis pas douillette mais là j'avoue que je m'accrochais au rebord de la baignoire tordue de douleur. L'histoire ne s'arrête pas là ... Le pire c'est quand je suis passée à table avec la joue déchirée par l'entaille. Au moment où j'allais commencer à manger des raviolis (je m’en rappelle encore) ma bouche se mit à saigner. Au début je pensais que c’était la sauce tomate. C’était beaucoup plus grave. En fait, j’avais été mordue également à l'intérieur de la lèvre. Un lambeau de chair pendait. Puis aussi un peu au-dessous du nez. Comme tous les samedis j'avais mon cours de gym. Celui-là était important, je devais travailler mes saltos. Mon père n’a pas voulu que j’y aille pour ne pas que la plaie qui était fraîche ne s’ouvre à nouveau.
Ma mère entre temps était rentrée. Il a fallu lui expliquer … Dans un sens ce fut très bien qu’elle ne soit pas là. Elle a engueulé mon père en lui demandant pourquoi il ne m’avait pas emmené chez le médecin me faire des points de suture. Mon père a fait au plus pressé, au plus urgent et pour le mieux. Pour lui le plus important fut de désinfecter la plaie et n’a pas pensé un seul instant aux points de suture. Je sentais bien qu’il était en colère. En colère de savoir que j’aurais pu ne plus avoir de tête et en colère de se faire engueuler d'avoir bien fait. Ma mère est allée voir la propriétaire du chien déjà pour lui demander s’il était vacciné contre la rage. Elle s’est trouvée désolée et n’a rien trouvée d’autre à dire mis à part ne pas comprendre ce qui avait bien pu se passer dans la tête de son chien qui n’était pas méchant. Mes parents qui n'étaient pas des salauds ne l'ont pas poursuivi. Quand bien même pour cette mère de famille courageuse et démunie qui essayait de substister tant bien que mal à nourrir ses enfants, le père ne s'en préoccupant guère, c'eut été la condamner davantage financièrement. Sur ce coup là, j’ai vraiment eu de la chance. J’aurais pu être défigurée, enfin je n’ose même pas y penser. En fait, je crois que quant il m’a sauté à la figure, je n’ai pas eu vraiment conscience de ce qui m’arrivait, puisque je ne m’étais même pas aperçue que je saignais et hormis la douleur. Pour moi l'essentiel c’était cette assemblée chez les scouts le soir que je ne voulais pas rater. Je revois toujours ces regards braqués sur moi et un tas de questions qu’on pouvait bien se poser en m’observant avec ce gros pansement qui me mangeait toute la joue.
Le lundi au collège avec mon bandage, ce fut l'interrogatoire. On m'a dévisagé comme si je débarquais d'une autre planète, comme s'ils n'avaient jamais rien vus. J’avais vraiment l’air con. Et presque honte de devoir me justifier. Alors j’ai menti. Je n’ai pas voulu dire que c’était un chien qui m’avait mordu. J’ai raconté mettre coupée en tombant. Je ne sais pas si l’on m’a cru. On m'a dit " fais voir " comme si c'était une partie de plaisir. C'est tout juste si ces idiots n'ont pas tiré le pansement pour savoir ce qu'il y avait en dessous et si c'était beau à regarder. Je n’ai jamais trahi ma copine pour autant, je n’en n’ai jamais voulu ni à elle, ni à son chien. Cette histoire est toujours restée entre nous. Ma plaie s’est cicatrisée, s’est atténuée au fil des années mais ne s’effacera jamais. Fut un temps j’avais pensé faire de la chirurgie esthétique pour la faire disparaître complètement mais je me dis que c’est un épisode de ma vie et qu’elle fait partie de moi. Quand j’y repense, il est possible et même sûr que si j’aurais eu des points de suture, je n’aurais presque plus la trace de cette maudite balafre.
Maintenant on ne me pose plus de questions quant à cette cicatrice. Sans doute que l’on n’y fait plus attention et moi j’ai appris à vivre avec elle.
Commentaires
J'en ai une aussi
Mais sur la gorge,on m'a osé souvent emmerdé avec les questions,et puis ça s'est calmé,la mienne est encore très visible,pas mordu mais une opération étant jeune(mal faite),bisous..
moi ossi
moi ossi jai une cicatrice sur la joue droite moi je lai depui tt bébé alor pour moi elle fai partie de ma vie tt le monde me di ke je sui trè jolie pour autan et ke avec ou sen cette cicatrice co fur des opértion et autre ne se voi preske plus je serai toujour la mm et ke mai 18 an je me ferai de la chirurgie estétike jen nai soufer a cause des regarde des otre mai o jour daujourdui je sui eurese detre cette jeune fille ke je sui et maintenn ken je regarde les photo ken jetai bébé jen rie preske ( moi se nai po une morsure mai un enjoyome)
Chaqun son endroit je crois
Moi j'en ai une aussi, sur le décolté, je n'ose plus mettre de décolté ni me mettre en maillot de bain. Elle n'est pourtant pas si grande que sa, ronde et boursoufflé et un peu rouge. Mais je n'ose pas, j'en peux plus je n'arrive pas a vivre avec. j'aurai nettement préféré qu'elle soit a un endroit toujours visible j'aurais appris a vivre avec mais la je ne pense qu'a la camoufflé, mes vetements sont pris en mesure a ce qu'on ne la voit pas. Sa fait 6 mois que je l'ai et je ne sais même pas si en attendant cela la rendra moin visible, je n'en ai aucune idée. (Clémence,14ans)
Moi aussi!
Moi aussi j'ai eu la même épreuve que toi.
Mordue par un colley mélangé à un bergé allemand.
Il y a presque 30 ans....
Autant je l'ai accepté longtemps autant aujourd'hui elle affecte ma vie et je voudrais tant qu'elle s'atténue voire même qu'elle disparaisse! Ce serait différent si je n'étais pas célibataire..mais je commence à penser que cette cicatrice peut peut-être nuire à toute
attirance de la part du sexe opposé. Pourtant, avant, elle ne me dérangeait pas du tout...Pourquoi maintenant?? Moi qui a tjrs pogné avec les hommes!!
J'ai donc pris rendez vous avec un chirurgien
voir si il peut faire quelque chose pour améliorer son apparance et il me dit qu'une
chirurgie est possible : c'est une intervention qui consiste à enlever la cicatrice d'origine pour en faire une autre plus fine et plus régulière.
De ton côté, ta cicatrice est elle grosse
et l'acceptes tu??
Comment vis tu avec elle??
Donnes moi des nouvelles
poukie32@videotron.ca
Au plaisir
Hélène
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