Un blog pour moi toute seule !

Vous trouverez ici mes coups de gueule, mes états d'âme, mes joies, mes peines, mes passions, mes amours, mes emmerdes et bien d'autres choses ! Bonne visite !

27 janvier 2008

Charité bien ordonnée

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tableau de Paul Delvaux

CHARITE BIEN ORDONNEE

pour paroles plurielles

L'incipit : " Mes biens chers frères "

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Mes biens chers frères.

Honni soit qui mal y pense. Il n'est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre. La faim chasse le loup hors du bois, fais ce que je dois, advienne que pourra, car faute de grives on mange des merles. On sait bien où l'on est, mais on ne sait pas où l'on va au royaume des aveugles les borgnes sont rois et à beau mentir qui vient de loin, nul n’est prophète en son pays. Comme un fou avise bien un sage, je vous dis votre fait, et ne vais pas chercher midi à quatorze heures.  Je parle comme saint Paul, la bouche ouverte et pour tout le monde qui se sent morveux se mouche, ce que je vous en dis, n’est pas que je vous en parle. Cette vérité devrait faire trembler les pécheurs. Qui aime bien châtie bien.

Il ne faut pas jeter le manche après la cognée. Dieu a dit : Aide-toi et je t'aiderai. N'est pas marchand qui toujours gagne,  ne jamais jurer de rien et ne pas dire « Fontaine, je ne boirai pas de ton eau », faites vie qui dure. Il ne s'agit pas de brûler la chandelle par les deux bouts, ni mettre la charrue avant les bœufs, tous les chemins mènent à Rome.  A cœur vaillant rien d’impossible, il vaut mieux tenir que courir car il y a loin de la coupe aux lèvres, contre mauvaise fortune il faut faire bon coeur, battre le fer tant qu'il est chaud.

On reconnaît l’arbre à ses fruits, on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs petit à petit l’oiseau fait son nid. Le temps c’est de l’argent et comme on fait son lit, on se couche. Qui trop embrase mal étreint, un homme averti en vaut deux. Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras, quand le vin est tiré il faut le boire. Vouloir c’est pouvoir. Il n’y a que le premier pas qui coûte.

A l’impossible nul n’est tenu, ce n’est rien de parler mais le tout est d’agir et puisque souvent charité bien ordonnée commence par soi-même. Les écrits sont mâles, les paroles femelles, mais on prend le boeuf par les cornes et l'homme par les paroles. Une fois que les paroles sont dites, l'eau bénite est faite.

Ce sont des propos en l'air. Autant en emporte le vent.

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12 janvier 2008

Sentiments en panne de moteur

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SENTIMENTS EN PANNE DE MOTEUR

pour paroles plurielles

L'incipit : " J'ai bien fait le tour de la question "

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J’ai bien fait le tour de la question …

Depuis deux ans que je pose des mots sur des maux, bribes de joie ou de peine, des bouts de moi dans une tranche de vie, entre déception, rupture, mensonge et trahison, images sur mes amours et désillusions ; je ne trouve plus cette source d’inspiration qui fut mienne et cette motivation qui me poussait à écrire.  Je n'arrive plus en ce moment  et ce depuis pas mal de temps à continuer en ces lieux, avec l’impression de stagner toutes portes fermées.

Je n’avais plus de Pygmalion nécessaire à nourrir ma source d’inspiration. C’est comme une muse pour un peintre. Certes, les peintres ne peignent pas systématiquement leurs muses,  mais il n’y a pas de peintures sans muse. Prenez par exemple Louis Aragon. Il s’est beaucoup inspiré d’Elsa. Les yeux d’Elsa, les mains d’Elsa. Tous ses poèmes ne sont pas que sur Elsa. Elsa en est une partie.

Il me fallait retrouver une certaine source d’inspiration  et je l’ai trouvée dans le regard de B. C’était inné. D’avance j’ai su que je pourrais y puiser mon exhalaison. Pour lui j’ai écrit mes plus beaux textes. Surtout un. Incontestablement le plus réussi. Celui dont je suis la plus fière aussi. Je ne saurais jamais ce qu’il en a pensé mais je ne le remercierais jamais d’avoir fait parti de cette source d’inspiration.

Il y a quelques semaines encore, j’avais commencé une ébauche que je n’aie pu terminée. Quelque chose m’a arrêté net, comme si je sentais que mon Pygmalion s’en allait, emportant ainsi ma verve, mon souffle d’air, cassant la branche de mon arbre, asséchant ma source. Mon inspiration me quittait en même temps que lui.

Lors, je suis en panne d’écriture et mes pages restent blanches. Nul but, nulle raison, nulle passion. Une seule réalité éternelle et présente. Mon petit carnet à spirales n’est que ratures et pages déchirées. Celui qui fut le miroir et compagnon de mes pensées mérite mieux et il est peut-être temps de dire au revoir ou adieu, fermer les volets et ouvrir une autre page.

 

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16 décembre 2007

Slim fast et pizza

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SLIM FAST ET PIZZA

pour paroles plurielles

Il y a dans notre vocabulaire des mots que j'ai envie de qualifier de "mots tocs", de ces mots dont on truffe à tout bout de champ les conversations.

En voici quelques-uns: tout-à-fait... quelque part... effectivement ... pas de souci... que du bonheur... c'est trop... j'ai envie de dire... oui mais non... y pas photo..

Voici ce que je vous propose:

Vous écrivez un texte cohérent avec le plus possible de ces "mots tocs" dans l'ordre que vous jugerez bon. Le texte sera un monologue intérieur de quelqu'un qui doit prendre une décision, et qui ne parvient pas à se décider.

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Me voilà mal barrée … Il y a un pot de fin d’année à la boîte et je n’ai rien à me mettre. Enfin si. Des fringues plein l’armoire dans lesquelles je ne rentre plus. Armelle a raison. Elle n’arrête pas de me gonfler à me  rabâcher que j’aie pris du poids. Oui mais bon. En ce moment, je n’ai pas trop le temps donc c’est vite bâclé, régime pizza, pâtes, chips, surgelés, sans compter le grignotage dans la journée, faut que ça aille  vite quoi ! Je n’ai pas trois plombes pour déjeuner,  alors je mange sur le pouce et le soir je suis tellement crevée que je n’ai pas envie de faire la bouffe.  Il y a encore quelque temps j’étais proche de la bouteille de Sylvaner, épaisse comme un sandwich SNCF, malgré mes formes. Du coup entre ce tailleur pantalon qui fait ressortir mes bourrelets et la robe de cocktail hyper sexy moulante qui me boudine,  il n’y a pas photo c’est clair que je ressemble davantage à celle du Cointreau. Quand je pense aux Wonderbra d’Adriana que j’aie payé une fortune, je n’ai plus la place même en tassant bien. Ca me prend la tête mais grave !

Puis mes cheveux, des queues de rat j’ai envie de dire, déjà qu’ils sont raides comme des bouts de bois.  J’aurais dû écouter la coiffeuse quand elle m’a dit qu’il fallait que j’essaie la nouvelle recette Slim Fast qui paraît-il donne des résultats tout à fait satisfaisants, sans parler de la nouvelle méthode par ultrasons pour gommer la cellulite et retrouver un ventre plat. Rien à voir avec tous ces produits miracles en massage après la douche. Il me semble effectivement l’avoir lu quelque part dans un magazine féminin. C’est que du bonheur, il n’y a pas de souci, ça a l’air vraiment top. Ok mais à quel prix ? Oui mais non. Je ne suis pas convaincue. Bon sur ce, va falloir que je me décide quand même hein ? Je ne peux pas sortir comme ça. Sérieux,  ça ne va pas le faire,  j’aurais l’air de quoi sapée comme ça ? Allez, ils ne m’en voudront pas si je n’y vais pas. Je vais rester avec mon plateau repas et ma pizza ! 



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16 novembre 2007

Le distrait

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photo de Largo

LE DISTRAIT

pour paroles plurielles

L'incipit : " Je n'ai pas mis les bonnes chaussures ce matin ".

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Je n’ai pas mis les bonnes chaussures ce matin pour sortir le chien. Comme je suis toujours prêt le premier,  je sors le chien avant de partir travailler en attendant que ma femme finisse de se préparer. Ce matin, je ne sais pas ce que j’ai foutu. Comme à mon habitude, j’ai pris mes chaussures dans le placard de la buanderie. Puis, je suis allé promener le chien. Il était environ six heures du matin, le jour ne s’était pas encore levé.

C’est une fois après avoir pris place sur le strapontin que plusieurs paires d’yeux lorgnaient mes pieds en ricanant. « Quoi ? Qu’ont-ils donc mes pieds ? » Pensais je alors, pendant que ma femme assise en face de moi était écroulée de rire « Regarde donc tes pieds ! Tu as véritablement une fière allure ! Tu n’as pas l’impression d’avoir un pied plus lourd que l’autre ? Décidément, ça n’arrive qu’à toi ce genre d’étourderie  »

En effet, je ne m’étais même pas rendu compte que les chaussures n’étaient en aucun cas identiques et ne se ressemblaient en rien. L’une d’été en toile aérée et l’autre une semelle crêpe.  En fait, j’avais pris la première paire qui me tombait sous la main. Comment se fait-il qu’elles ne fussent pas attachées ensemble d’abord ?  Enfin bon, j’aurai pu m’apercevoir en nouant les lacets que quelque chose clochait et que mes pieds n’étaient pas à la même hauteur. Je suis quelque peu distrait. On dirait que je le fais exprès pour me rendre ridicule mais, je vous assure que c’est involontaire de ma part. Je ne comprends pas non plus, pourquoi ma femme a attendu d’être dans le train pour m’en faire part. On a fait le trajet ensemble. Elle aurait pu voir que j’avais un souci pour marcher, ainsi j’aurai eu le temps de retourner me changer au lieu d’exhiber mes pieds grotesquement. Franchement j’avais vraiment l’air « très con ». J’avoue que j’en rigole moi aussi, au fond c’était plutôt drôle.

PS : Histoire véridique.

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19 octobre 2007

Subway new generation

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photo de Corbillo

SUBWAY NEW GENERATION

pour paroles plurielles

L'incipit : " Le quai est noir de monde ".

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Encore un énième jour de grève et comme d’habitude le quai est noir de monde. On annonce une rame sur six et évidemment la prochaine, on ne pourra pas monter dedans puisqu’elle sera bondée. Ca fait trois quarts d’heure maintenant que je poireaute dans cette gigantesque marée humaine. Cette station elle est d’un sinistre, c’est une horreur.  Ils ne se sont pas foulés quant au design. Les petits carreaux en mosaïque sont d’une pâleur monotone tristes à pleurer.

Voilà à présent le haut-parleur qui se met à hurler « suite à un mouvement social, le trafic est très fortement perturbé. La circulation des trains est interrompue. Veuillez nous excusez pour la gêne occasionnée.

Finalement c’est plutôt un mal pour un bien. Je décide de me rabattre sur cette nouvelle ligne entièrement automatisée qui n’a pas de chauffeur et en l’occurrence la seule qui soit en état de fonctionnement les jours de grève. Bien qu’elle me fasse faire un détour, elle me permet au moins de pouvoir accéder vers une autre correspondance. D’ailleurs, j’aime beaucoup cette ligne de part sa modernité et son design. Le sol est en marbre et des immenses baies vitrées laissent passer la lumière sous une grande coupole de verre.  Certes ce n’est pas la Pyramide du Louvre, mais un métro avec des trains sans conducteurs, des portes palières à quai, des stations plus spacieuses, des ascenseurs vitrés, des revêtements ultra modernes qui changent de cet éternel carrelage blanc devenu jaune crasseux.

Bien que la plupart des stations se ressemblent, certaines d'entre elles ne manquent pas d'originalité sur le plan architectural. On y trouve par exemple une serre tropicale ou un peu plus loin, un style un peu 50’s accentué par la présence des néons en  " I ".

C’est le métro futuriste d’une nouvelle génération. Bref c’est propre, ça sent bon et surtout c’est lumineux.

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04 octobre 2007

La maison vide

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photo oeil à vues

LA MAISON VIDE

pour paroles plurielles

L'incipit : Le texte que vous écrirez finira (oui on change cette fois...) par : " Il lui donna solennellement les clefs de la maison "

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Elle a fait une dernière fois le tour de la maison où raisonne encore  l’écho de leurs dissensions, éteint la dernière braise dans la cheminée, réduit en cendres leurs vies si vite consumées. La lumière ne rentrera plus dans leur  chambre sur ce nid d’amour témoin de leur repos si tendre. Ne plus se retourner, ne plus revenir. Jamais. Sur leurs  jours heureux, la porte va se refermer.  C’est comme une nausée où le dégoût se mélange avec un peu de haine. Cette frénésie impatiente de devoir tout quitter lui en a fait oublier son blouson posé dans l’entrée. 

Les boutons des rosiers plantés à la fraîcheur de l’aurore viennent d’éclore. Ils auraient été magnifiques les rosiers cette année. Comme le charme majestueux du châtaignier portant l’exhalaison des résédas et du tilleul et la grâce de la glycine tombante en deuil.  La voisine d’à côté s’est gentiment proposée de récolter les tous premiers fruits du verger. A son départ, elle a prévu de lui laisser les clés pour qu’elle puisse continuer à les ramasser. Puis aussi, de penser à prendre le reste de bois coupé qui est sous la bâche depuis l’hiver dernier. 

La grille celle du bout de l’allée est rouillée. On ne peut plus l’ouvrir, la serrure est cassée  abîmée probablement avec l’usure du temps.  Il parlait de la repeindre, il y a plus d’un an. Depuis, la mauvaise herbe a poussée dans les pavés, il  n’a même pas pris le temps de désherber. Elle a  nettoyé le salon de jardin qu’elle a  rangé dans ce petit cabanon aménagé pour ses jours de quiétude après le déjeuner ainsi que la nacelle où il aimait se reposer. Elle devait y faire le ménage un de ces jours. Tant pis. Ca n’a plus d’importance.

Pour la dernière fois, elle a tenu à retourner comme une absolution, où il y a ce rocher et le château en ruines où ils se sont rencontrés. Là, le temps lui  fait oublier qu’elle l’a aimé. Ce fut à cet endroit, précisément en haut de cet escalier de bois aujourd’hui vermoulu qu’il lui donna solennellement les clés de la maison.

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20 septembre 2007

Jolie bouteille, sacrée bouteille

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JOLIE BOUTEILLE, SACREE BOUTEILLE

pour paroles plurielles

L'incipit : Je lui ai dit de se taire

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Je lui ai dit de se taire. Sinon, je l’assomme avec une de ses bonbonnes qui partagent sa vie. Lui, pauvre soiffard impénitent, grand débiteur de balivernes. Quant il est fin saoul il dit des choses horribles.  Je ne peux pas discuter avec lui.  Faudrait-il pour ça qu'il reconnaisse avoir un sérieux problème avec l'alcool et ça c'est l'étape la plus difficile

Il a passé toute la journée vautré sur le sofa. Pour la énième fois il a encore trop bu. Son haleine empeste l’eau-de-vie. Sur le tapis, les trois bouteilles vides disposées comme des trophées qu’il vient de s’enfiler, sans compter les nombreux verres de whisky et chopes de bière avalés au troquet du coin. Jolies bouteilles, sacrées bouteilles. Pauvre misérable, il n’est plus qu’une loque. Il traîne dans tous les cafés où il peut rencontrer les meilleurs poivrots, même dans le plus miteux. A l’Alambic dans cet endroit immonde on le connaît bien. Il y fait la manche sans être vraiment sûr de pouvoir se payer un coup à boire. Chez d’autres il a laissé une ardoise alors, évidemment on ne veut plus lui servir sa rincée. Il faut dire ce qui est, ils ont fini par le jeter.

Ce soir je vais avoir la paix. Peut-être pas pour longtemps. Malgré tout j’ai peur. Peur que dans un état de beuverie avancée, il puisse lui arriver le pire.  Il est sorti faire la java avec ses potes. Le concours du  « pochtron ». C’est à celui qui sera le plus bourré. Il va rentrer rond comme une queue de pelle vociférant dans l’escalier, couché sur la rampe et réveiller les voisins qui vont appeler les flics pour tapage nocturne. A moins qu’il roupille quelque part sous un porche le temps de cuver, avant de récupérer une partie de ses neurones imprégnés de tord-boyaux et se rappeler là où il habite.

Il s’est endormi sur le paillasson recroquevillé comme un fœtus. Il tenait enlacé celle avec qui  il venait de passer la nuit et partait dans ses délires. Remake de l'Assommoir. Alors, s'il se prend un instant pour Coupeau, je ne suis pas Gervaise ;  je ne le suivrais pas dans ses crises de "délirium tremens".

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06 septembre 2007

L'ombre de Daphné

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photo de Anaïs

L'OMBRE DE DAPHNE

pour paroles plurielles

L'incipit : " L'horloge indique vingt-deux heures trente, mais elle est en avance..".

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L'horloge indique vingt-deux heures trente, mais elle est en avance... pense alors Mortimer gardien de la propriété de Lady Margaret. « Je ne veux surtout pas être en retard à ce drôle de rendez-vous » se dit-il en faisant le guet derrière les lucarnes de la mansarde pour mieux distinguer sans se faire voir. C’est à cette heure bien précise qu’une silhouette blanche se promène dans la longue allée qui serpente l’entrée du domaine menant dans le parc avant de disparaître en direction du lac.

Dix ans après sa mort, Daphné superbe et bouleversante,  admirée de tous reste encore une énigme pour le domaine et ses habitants. Que s’est-il passé exactement en ce mois de novembre, le samedi dix-sept au soir à vingt-deux heures trente précises dans ce coin perdu et aux bois sombres ?  Le mystère plane toujours. On connaît très peu de choses sur cette disparition tragique. Un matin, on retrouva son corps flottant sur le lac. L’enquête avait alors conclue à une noyade. 

L’histoire est tout autre. Daphné allait se marier prochainement avec le séduisant Ashley, propriétaire d’une immense exploitation et à la tête d’un riche cheptel.  Il était parti à une foire aux bestiaux dont il ne revint jamais. Daphné en proie à un mauvais pressentiment décida d’aller à sa recherche et rejoignit le domaine afin d’y revêtir la robe blanche de son mariage. Quand elle le retrouva enfin, elle le découvrit inerte au pied de la cascade près du lac. Meurtre ou suicide ?  Devenue folle de douleur, elle s’enfonça petit à petit jusqu’à ce que l’eau vienne la saisir.

Depuis, dans le parc du  château de Lady Margaret par temps clair, on  distingue une dame blanche déambulant dans l’allée. On imagine par son cri terrifiant, déchirant la nuit aux abords du lac, qu’elle cherche en vain le corps de son bien-aimé.

Nul ne peut échapper à cette ombre inquiétante qui rôde et son souvenir obsédant. Jour après jour, les habitants et le domaine plongent dans l’abysse des ténèbres habitées par le fantôme de Daphné.

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02 août 2007

Un tout petit rien

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photo Olivier

UN TOUT PETIT RIEN

pour paroles plurielles

L'incipit : "Ce que je venais de dire à la vieille marquise Guy de Ruy était l'exacte vérité."

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"Ce que je venais de dire à la vieille marquise Guy de Ruy était l'exacte vérité." Je ne faisais que lui démontrer par des preuves irréfutables ce que je venais de lire en page centrale des faits divers en du journal  « le marquis de Guy de Ruy  est ruiné ».

C’est après avoir pris place dans ce train qui la ramenait après quinze jours de ripailles dans la famille de Brinvilliers, qu’elle reçue un appel sur son téléphone cellulaire de son fidèle valet  Edouard :

- Allô, allô Edouard ! Quelles nouvelles ? Est-ce donc vrai ce que j’apprends dans les journaux ? Absente depuis quinze jours, que trouverai-je à mon retour ? Monsieur le Marquis mon époux est ruiné ? Expliquez-moi valet fidèle, comment cela s'est-il produit ?

- Cela n'est rien, Madame la Marquise, cela n'est rien, tout va très bien. On déplore juste un tout petit rien. Sachant que Monsieur le Marquis a engloutit toute sa fortune à la bourse, il a mis en gage votre belle parure de diamants. Vous voyez, celle de votre grande tante Ernestine en croyant faire un bon coup au poker, hélas Madame la Marquise, votre feu Monsieur le Marquis a tout perdu.

- Allô, allô Edouard ! Quelles nouvelles ? Pourquoi dites-vous feu Monsieur le Marquis ? Expliquez-moi donc valet fidèle ce que cela veut dire ?

- Cela n’est rien Madame la Marquise. Il a aussi vendu tout  le mobilier ainsi que votre Austin qui ne lui ont pas rapporté un sou.  Apprenant alors qu’il était finalement ruiné, Monsieur le Marquis déjà cardiaque, a fait un infarctus. En chancelant le bougeoir en or massif de votre arrière grand-mère est tombé. Monsieur le Marquis tête en l’air avait oublié d’éteindre les chandelles,  ce qui a mis le feu à votre tapisserie d’Aubusson qui s’est consumée de bas en haut en se propageant jusqu’aux rideaux. Tout va très bien Madame la Marquise, cela n’est rien. Voyez  à part ça Madame la Marquise, tout va très bien. On déplore juste un tout petit rien que votre feu mari Monsieur le Marquis, a fait aussi cramer le château.

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08 juillet 2007

Ces gens là

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photo Jacques Muller

CES GENS LA

pour paroles plurielles

Cette fois-ci donc pas de limite de longueur, à vous de décider si vous composez un texte qui dépasse les 2000 signes  ou non...eh oui! tout arrive...

Voici donc ce que je vous propose :
Vous allez raconter une petite histoire, avec les petits bouts de phrase suivants qui se retrouveront dans l'ordre dans votre texte:

- Elle est debout (incipit)
- Que se passe-t-il ?
- C'est un parti pris
- Des affreuses chaussettes de couleur verte
- Et ce jour-là, le soleil s'est levé comme d'habitude(dernière phrase)

Si vous le souhaitez
si vous avez écrit
si vous avez un blog
vous pouvez mettre en guise de commentaire, un avis de publication de votre composition qui renverra les lecteurs de PP sur votre blog

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Elle est debout cette vieille taupe de mère Deschiens. Elle ne glande jamais rien de la journée, passe son temps assise sur son fauteuil, le cul collé à la super glu. Du matin au soir  derrière ses baies vitrées elle surveille les allées et venues. C’est une mégère aigrie et teigneuse. Elle se prend pour une belle des champs alors qu’elle est moche en plus d’être chieuse, emmerdeuse comme on n’en fait plus. Lui c’est un vieux grincheux jamais content aussi mauvais que la peste. Ils sont toujours d’une humeur de chien, fiers d’être répertoriés au 3615 qui n’en veut. Leur fille vraie pétasse, gâtée pourrie, mannequin philosophe bombasse, à vraiment un sérieux problème dans sa vie. Robe façon fin de rouleau papier toilette, toujours maquillée comme un carré d’as, beauté l’Oréal, roule des fesses genre je me la pète. Des has-been les Deschiens.

Que se passe-t-il ? C’est rien … C’est juste le nouveau riche, costard de pingouin chapeauté qui roule en Mercédes pour draguer à fond les gonzesses. Pour montrer qu’il a de la classe, il fait grincer ses pneus dans un bruit de moteur rutilant. Ce serait un bon parti ça pour la fille Deschiens. Oui mais, c’est déjà un parti pris.  Il a une gonzesse, celle qui est toujours sapée comme une serpillière. Elle porte une robe en plumes de poulet pour faire voir son look de fille branchée. Elle a une démarche de palourde, molle du bulbe et molle du genou, bien godiche et un peu lourde à l’énergie de castor très mou. Elle ne jure que par crétin.fr.

Son pote un mec aussi allumé qu’elle, rockeux looké à l’anglaise, au charisme de ravioli,  musico et chanteur à ses heures qui se la joue balaise depuis qu’il s’est fait bodybuildé. Il s’est abonné au journal Libé, pour paraître intello. C’est un ancien de soixante huit qui rêve encore aux  années baba cool, fume le pétard en lisant le guide du routard, ne quitte jamais son perfecto et à toujours d’affreuses chaussettes de couleur verte. Pas comme l’autre minet toujours bien propret,  épais comme une arbalète, avec une voix désagréable de fausset. Il porte la moustache en rouflaquette et se trémousse sur Brice de Nice, en costume de mafioso craignos.

Et ce jour-là le soleil s’est levé comme d’habitude. La mère Deschiens a repris son rituel quotidien. " Tiens v’la le petit  loubard, c’te blouson noir qui est beau comme un rocher à sculpter, sous des dorures rococo de salon ".

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